Mise en avant

Bruxelles : Covid = zéro expulsion !

Communiqué de presse – Jeudi 7 janvier 2021

En plein hiver, en pleine crise sanitaire et sociale, alors qu’on nous demande de nous confiner et de respecter un couvre-feu, le gouvernement bruxellois s’apprête à lâcher la bride aux huissiers et à la police pour permettre à nouveau aux propriétaires d’expulser locataires et occupant·e·s indésirables, et ce à partir du 15 janvier. Déjà en temps « normal », mettre des gens à la rue est inacceptable. Par les temps qui courent, sachant qu’il n’y a aucune solution de relogement, c’est tout simplement inhumain et dangereux !

Un moratoire empêchant les expulsions domiciliaires avait été décidé par
le gouvernement bruxellois en mars 2020, au début du premier confinement, puis prolongé jusqu’à fin août à force d’insistance de la part des groupes et organisations mobilisées autour du droit au logement. Avec le second confinement, un nouveau moratoire a été mis en place, en novembre 2020.

Un moratoire sur les expulsions, concrètement, c’est ce qui empêche propriétaires, huissiers et police de s’introduire chez les occupant·e·s d’un logement, de les forcer à « déguerpir »*, de les mettre dehors, avec toutes leurs affaires sur le trottoir et « débrouillez-vous ». Mais ce n’est qu’un moratoire, un dispositif temporaire forcé par la situation sanitaire qui ne fait que repousser l’échéance de l’expulsion (et, en cas d’impayés de loyers, maintient les dettes des locataires envers leur bailleur). La moindre des choses donc.
Gros problème : les expulsions pourront bientôt reprendre légalement puisque ce second moratoire, qui ne devait durer que jusqu’au 13 décembre, n’a été prolongé que jusqu’au 15 janvier (les fêtes, tout de même).

Depuis le mois de juin 2020, et malgré les moratoires, les justices de paix – compétentes en matière d’expulsions domiciliaires – sont au travail. Certains propriétaires trépignent et attendent de pouvoir exécuter les décisions de ces tribunaux : « Rendez-nous notre droit à mettre les gens à la rue ! », voilà ce qu’ils nous disent. Parce que de solution de relogement, il n’y en a pas. Il n’y a même pas de solution d’hébergement d’urgence (qui rappelons-le, ne sont pas des logements !).
Une expulsion, d’une personne, de plusieurs, enfants compris, c’est toujours plus de gens à la rue, un point c’est tout ! Et cela reprendra dès le 15 janvier si le moratoire n’est pas reconduit.

Nous exigeons :

Dans l’immédiat :

– Le prolongement du moratoire sur les expulsions domiciliaires, et ce jusqu’à la fin de la crise sanitaire et à la reprise de la vie sociale et économique de tous les secteurs sans exception.
– La réquisition et la mise à disposition de bâtiments d’habitation pour agrandir les espaces d’accueil – en attendant des solutions de logement pérennes – capables de loger tous ceux et toutes celles qui risqueraient de se retrouver à la rue, ou qui le sont déjà, et ce dans des conditions dignes.

Dès aujourd’hui et à plus long terme :

– La fin des expulsions ! Le logement est un droit et un besoin fondamental**, et il est intolérable que la protection des propriétaires et de la multipropriété passe avant le droit au logement.
– Plus personne à la rue, des logements dignes pour toutes et tous ! Il est absurde qu’une société aussi riche que la nôtre ne parvienne pas à mettre un toit au-dessus de la tête de tout le monde ! Le logement devrait être un point de départ, pas la lutte de toute une vie.

C’est pour cela que nous – locataires, personnes sans-abri, squatteur·euse·s, sans-papiers, habitant·e·s, soutenu·e·s par différentes organisations et collectifs – avons créé le Front Anti-Expulsions. Pour lutter contre les expulsions en nous organisant, en tissant un réseau large de solidarité, et en résistant effectivement contre les expulsions et/ou en soutien des personnes menacées d’expulsion. Parce que les expulsions nous concernent tous et toutes, parce que le logement est une question collective, de société.

* Le terme « déguerpir » est le terme utilisé dans les décisions d’expulsion prononcées par les Justices de Paix

** Le droit au logement est par ailleurs consacré dans l’article 23 de la constitution belge. Il reste néanmoins largement théorique, 2 tellement dans les faits il est subordonné au droit de propriété.

Brussel: Corona = nul uithuiszettingen!

Perbericht – 7 januari 2021

Midden in de winter, midden in een gezondheids- en sociale crisis, terwijl ons gevraagd wordt ons in te perken en een uitgaansverbod te respecteren, staat de Brusselse regering op het punt de deurwaarders en de politie los te laten om de verhuurders opnieuw toe te staan ongewenste huurders en bewoners uit te zetten, met ingang van 15 januari. Al in « normale » tijden is mensen op straat zetten onaanvaardbaar. Nu, wetende dat er geen oplossing is voor herhuisvesting, is het gewoonweg onmenselijk en gevaarlijk! De Brusselse regering heeft in maart 2020, bij het begin van de eerste lockdown, een moratorium ingesteld om de uithuiszettingen te voorkomen, dat vervolgens is verlengd tot eind augustus, op aandringen van groepen en organisaties die zich inzetten voor het recht op huisvesting. Met de tweede lockdown werd in november 2020 een nieuw moratorium ingesteld.

Een moratorium op uithuiszeKngen is in concreto wat verhuurders, deurwaarders en de politie ervan weerhoudt om de huizen van de bewoners van een woning binnen te gaan en hen te dwingen om de woning te verlaten, met al hun spullen op de trottoir. Maar dit is slechts een moratorium, een tijdelijke maatregel die wordt opgelegd door de gezondheidstoestand, waardoor de uithuiszetting alleen maar wordt uitgesteld (en, in geval van onbetaalde huur, de schulden van de huurders aan hun verhuurder in stand worden gehouden). Een minimum dus.

Het grote probleem is dat de uithuiszeKngen binnenkort legaal kunnen worden hervat, aangezien het tweede moratorium slechts tot 15 januari is verlengd. Sinds juni 2020, en ondanks de moratoria, zijn de vrederechters – die verantwoordelijk zijn voor uithuisuitzettingen – aan het werk. Sommige verhuurders wachten vol ongeduld om de beslissingen van deze rechtbanken te kunnen uitvoeren: « Geef ons het recht om mensen uit te drijven terug », dat is wat ze ons vertellen.

En ondertussen is er geen oplossing voor herhuisvesting. Er is niet eens een noodopvangoplossing (die, laten we niet vergeten, geen woning is !). Een uitzetting, van één persoon, van meerdere, waaronder kinderen, is altijd meer mensen op straat, punt! En het zal vanaf 15 januari worden hervat als het moratorium niet wordt verlengd.

Wij eisen:

Op korte termijn :

– De verlenging van het moratorium op uithuiszettingen tot het einde van de gezondheidscrisis en de hervatting van het sociale en economische leven in alle sectoren zonder uitzondering.

– Het opvragen en ter beschikking stellen van woongebouwen om de opvangplaatsen uit te breiden – in afwachting van permanente huisvestingsoplossingen

Vandaag en op langere termijn :
 – Een einde aan de uithuiszettingen! Huisvesting is een grondrecht en een fundamentele basisbehoefte, en het is onaanvaardbaar dat de bescherming van eigenaars en meervoudig eigendom voorrang heeft op het recht op huisvesting.
– Geen mensen meer op straat, waardige huisvesting voor iedereen! Het is absurd dat een maatschappij die zo rijk is als de onze er niet in slaagt een dak boven ieders hoofd te krijgen!

Huisvesting moet een vertrekpunt zijn, niet een levenlange strijd. Daarom hebben wij – huurders, daklozen, krakers, mensen zonder papieren, bewoners, ondersteund door verschillende organisaties en groepen – het Front Anti Uithuiszettingen opgericht. Om de uithuiszettingen tegen te gaan door ons te organiseren, vanuit een breed netwerk van solidariteit en door effectief weerstand te bieden aan uitzettingen en door mensen te ondersteunen die met uithuiszetting worden bedreigd. Omdat uithuiszettingen ons allemaal treffen, omdat huisvesting een collectieve, sociale kwestie is.

Perscontact: Mia – 0465 46 47 01 – info@stopexpulsions.be – FB: @stopexpulsies – www.stopexpulsions.be

En difficulté pour payer votre loyer, le CPAS de votre commune peut intervenir pour des arriérés de loyer

Les CPAS ont reçu du gouvernement d’importants moyens supplémentaires pour aider les victimes de la crise COVID. Il peut être fait appel à eux notamment pour l’aide au logement et l’aide au paiement de factures impayées.

L’un des problèmes est que le public concerné l’ignore et/ou est réticent à l’idée de s’adresser au CPAS. Faites circuler l’info!

Naissance du Front Anti-Expulsions

À Bruxelles, avec le confinement, des milliers de travailleurs et travailleuses avec ou sans papiers ont perdu leur source de revenu et avec elle, la possibilité de payer pour se loger. D’autres ménages, déjà précaires, ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois pour de multiples raisons (augmentation du prix des denrées alimentaires, difficultés d’accès à l’aide sociale…). Désormais, ces personnes risquent de se retrouver à la rue.

Loyer ou manger ? telle est la question qui a poussé certains locataires à ne plus payer – partiellement ou totalement – leur loyer. Aujourd’hui, ces locataires se retrouvent endettés et sous la menace d’une expulsion. Ce sont ces personnes qui ont tenté de négocier avec leurs propriétaires sans issue, qui ont parfois été jusqu’à la grève de loyers [www.grevedesloyers.be], ou qui étaient simplement démunies ou dépassées par la situation… Les locataires sont, en principe, protégés par le moratoire contre les expulsions domiciliaires décidé par le gouvernement bruxellois. Ce moratoire n’a pas empêché certains propriétaires de faire pression sur leurs locataires en difficulté et de les expulser. La levée du moratoire – prévue pour la fin août 2020 – risque de provoquer une vague d’expulsions sans précédent. En temps normal déjà, près de 5.000 ménages sont menacés d’expulsion chaque année à Bruxelles.

Face à l’explosion du nombre de personnes sans abri, la région bruxelloise a créé des hébergements d’urgence, notamment en négociant des espaces avec différents hôtels de la ville pendant la période de confinement. Que vont devenir ces personnes lorsque ces hébergements temporaires seront fermés?

Dans l’urgence du confinement, plusieurs dizaines de nouvelles occupations de bâtiments vides ont aussi vu le jour pour fournir un hébergement à des personnes se retrouvant à la rue. Nous parlons de plus de 400 personnes qui seraient actuellement logées en squat, et qui se trouvent sous la menace permanente d’une expulsion décidée par les pouvoirs publics, notamment sous prétexte de la loi anti-squat. Cette loi anti-squat contribue à la criminalisation de la solidarité – solidarité dont on a d’autant plus besoin depuis le confinement.

Nous – locataires, personnes sans-abri, squatteurs et squatteuses, sans-papiers, habitant·e·s, soutenu·e·s par différentes organisations et collectifs – refusons que les suites du confinement continuent à jeter des gens à la rue. Nous nous sommes regroupé.e.s dans un large front anti-expulsions pour lutter contre les expulsions en nous organisant, en tissant un réseau large de solidarité, et en résistant effectivement contre les expulsions et/ou en soutien des personnes menacées d’expulsion, qu’elles soient squatteuses, occupantes d’un logement temporaire, ou locataires.

✊ Nous décidons de nous battre.
👊 Nous refusons les expulsions.
👊 Nous refusons que des gens dorment à la rue.
👊 Nous refusons que des personnes restent sans-papiers.
👊 Nous refusons que des locataires soient endettés.
👊 Nous refusons la loi anti-squat.

➡️ Le mal-logement n’est pas un problème individuel, réglons-le ensemble! Rejoignez-nous!

Avec le soutien de…