Une action qui change le rapport de force

A l’expulseur d’avoir honte!

Ce mercredi 4 octobre, Agnès, accompagnée du Front Anti Expulsion, a dénoncé son expulsion lors de l’assemblée générale des copropriétaires de son immeuble. La tête haute, elle a raconté son histoire à des dizaines de copropriétaires et dénoncé les agissements honteux de l’un d’eux. Nous refusons de passer sous silence ces expulsions injustes! Digne et courageuse, voici le texte qu’elle a partagé ce jour-là.

Chères voisins, voisines, et propriétaires,

Le jeudi 12 octobre à 7h, un huissier de justice mandaté par mon ex-propriétaire, Monsieur H. procèdera à mon expulsion. J’habite dans mon logement depuis 13 ans. Par cette lettre j’aimerais vous partager ce qui m’est arrivé.

Le 17 mars, une requête en justice de paix est introduite à mon encontre : le propriétaire prétend que j’aurais fait obstruction à la vente et que j’aurais deux mois d’arriérés de loyer. Deux accusations totalement fausses. Le juge me somme d’être disponible le lundi de 17h à 18h pour les visites de potentiels acheteurs et de donner accès au bien au certificateur PEB. Le 24 mai, je reçois la visite du certificateur PEB. Le 5 juin, un potentiel acheteur visite le bien. En dehors de cela, je n’ai plus aucune nouvelle du propriétaire… jusqu’à la deuxième audience qui s’est tenue le 15 juin. Le propriétaire prétend que je n’aurais pas donné accès au bien et que des arriérés de loyers subsistent. Malgré les preuves de paiement de tous les loyers et aucune preuve de l’obstruction de l’accès au bien, le juge de paix déclare la résiliation du bail à mes torts, la libération de la garantie locative en faveur du propriétaire, et mon expulsion. Sur bases de ses déclarations mensongères, Monsieur H. s’apprête à encaisser des indemnités pour un préjudice inventé de toutes pièces.

La semaine prochaine, je serai injustement expulsée.
En racontant mon histoire, je garde ma dignité.

Agnès

Depuis, l’acheteur qui a visité la maison est devenu propriétaire en signant l’acte de vente le 13 juillet. J’ai reçu le jugement le 10 aout et l’avis d’expulsion le 5 septembre. J’ai fait appel au premier jugement mais ce recours n’est pas suspensif. Je me retrouve avec très peu de temps pour trouver un autre logement.

Ce n’est pas la première fois que Monsieur H. se comporte de manière malhonnête. Depuis que je suis là, il n’a jamais rien fait pour entretenir l’appartement et a usé de menaces et d’intimidation pour se soustraire à ses obligations de bailleur. J’ai vécu 13 ans sans chauffage. Depuis plusieurs années, j’ai des infiltrations d’eau quand il pleut.